La phonologie
- Le phonème est une abstraction, le son constitue sa concrétisation.
- Le phonème appartient à la langue, le son au discours, selon la dichotomie bien connue que nous avons héritée de Ferdinand de Saussure, et dont vous devriez avoir entendu parler dans vos cours d’introduction à la linguistique.
- Les phonèmes d’une langue donnée sont en nombre limité ; les sons se présentent à nous dans l’infinité de leurs réalisations concrètes.
- On dira grosso modo que l’étude des phonèmes d’une langue, de leur organisation en système, s’appelle la phonologie ; l’étude des sons dans leurs réalisations matérielles
(articulatoires, acoustiques, auditives) s’appelle la phonétique.
- On rappellera un principe de transcription trop souvent bafoué : si les sons se transcrivent entre crochets, [ ], les phonèmes quant à eux doivent apparaître entre barres obliques : / /.
Comme ce cours est consacré à la phonologie, nous ne nous appesantirons pas trop sur les aspects purement phonétiques de la description linguistique ; cependant, il faut dominer la terminologie de la phonétique si l’on veut comprendre quelque chose à la phonologie ; v. § 3 cidessous.
Très concrètement, nous illustrerons la distinction phonème ≠ son avec le cas du r français.
Pour tout locuteur natif de cette langue, les nombreuses réalisations phonétiques possibles de ce phonème correspondent toutes à une même unité psychique, dans la représentation mentale que l’on se fait des signifiants de la langue.
On dira donc que le phonème /Â/2, transcrit entre barres obliques, peut se matérialiser de toutes les façons suivantes, c’est-à-dire correspondre aux sons suivants :
- [Â] : Constrictive post-vélaire ou uvulaire sonore. C’est le r le plus neutre, le plus