Déclin ou renouveau de la religion
C’est qu’il y a en Occident un redéploiement des formes de croyance : la déchristianisation est certaine, mais elle remonte en Occident au début du XVIIIe. Elle repose au demeurant sur une vision illusoire du Moyen Age chrétien (Delumeau) : selon J. Le Goff, Histoire des religions, la chrétienté vers 1500 c’est presque une terre de mission. En effet le paganisme est toujours resté dominant ; la chrétienté était une construction, un système d’encadrement des populations, pas une adhésion volontaire et consciente des masses. Le redéploiement s’est fait par une aspiration vers un christianisme à la fois minoritaire et populaire. Adaptation vers une croyance plus personnelle, importance du phénomène de Taizé, attirance des monastères et implication des laïcs au sein de l’Eglise sont les conséquences de ces évolutions. Il y a 220.000 aides pour le catéchisme en France. Apparition des ADAP : Assemblées dominicales en l’absence de prêtre.
Il y a par ailleurs un déplacement du centre de gravité du christianisme : c’est dans le Tiers monde qu’il s’épanouit pleinement aujourd’hui. Par exemple, grand essor des 80.000 communautés ecclésiales de base au Brésil qui groupent 1.5 million de personnes qui cherchent à vivre ensemble dans un attachement au christ. L’Eglise cherche à encourager ces initiatives (pour Jean Paul II, « ces communautés permettent une pénétration capillaire de l’Eglise dans la société »).
La post modernité vit quant à elle dans une indifférence sans rejet : 80 % des Français se disent catholiques. Mais il y avait 20 ordinations de prêtres pour 1000 habitants en 1954, pour 2 en 1982. C’est qu’il y aurait une présence du religieux en deçà de nous mêmes, une ignorance sans refus : une forme moderne de la mort de Dieu (pour Lacan, la véritable