Articulation droit interne et droit international
Le présent rapport est élaboré en réponse à deux postulats, l’un de la Commission des affaires juridiques du Conseil des Etats et l’autre de la Commission des insti- tutions politiques du Conseil national. Il examine la relation entre le droit natio- nal et le droit international et, plus particulièrement, celle entre les initiatives populaires et le droit international. Cette dernière question est d’autant plus actuelle que le nombre d’initiatives populaires contraires au droit international est en augmentation.
La place du droit international au regard du droit interne dépend de trois facteurs. Premièrement, il s’agit de savoir s’il acquiert une validité immédiate à l’intérieur du pays (système moniste) ou s’il est d’abord nécessaire de le transposer en droit national (système dualiste). Deuxièmement, les tribunaux peuvent l’appliquer soit directement, soit au travers d’un acte normatif édicté par le législateur. Troisième- ment, il faut déterminer lequel, du droit national ou du droit international, prime l’autre.
L’approche des Etats est loin d’être schématique. Le droit coutumier international et les principes généraux de droit acquièrent une validité immédiate même dans les Etats dualistes. A l’opposé, de nombreux Etats monistes fixent de telles limites à l’application directe des règles internationales qu’un acte du Parlement est tout de même nécessaire pour qu’elles déploient des effets à l’intérieur du pays, ce qui, au final, ne diffère guère de la doctrine de la transposition. Aucun Etat n’accorde sans restriction la primauté au droit international sur le droit national; en cas de conflit de normes, des mécanismes de pesée des intérêts sont mis en œuvre. Dans toute la mesure du possible, on évite les contradictions en interprétant le droit national de manière conforme au droit international.
La Suisse ne se distingue pas foncièrement des autres Etats dans la manière dont elle aborde la question de la place du droit international sur le plan