L’élaboration de l’unité corporelle en relaxation
L’élaboration
de l’unité corporelle en relaxation
Au fil des années, grâce à différents abords théoriques et à mon travail personnel, ce qui était épars commence à s’unifier et je garde comme postulat de travail et de recherche : « Il n’y a rien dans l’esprit qui ne soit passé dans les sens et la motricité ». Les sensations entrent par l’oeil, la bouche, le nez, les oreilles ; la peau du bébé a un immense besoin de stimulations tactiles. Elle est l’organe le plus étendu du corps, celui qui enveloppe et reçoit (Montagu,1971).
La relaxation en thérapie psychomotrice montre comment, progressivement, tout changement tonique s’accompagne d’un changement de conscience mentale dont l’enfant a besoin pour adapter ses comportements psychomoteurs. Le cadre thérapeutique fournit un espace transitionnel où l’enfant trouve un exutoire psychomoteur, se projette et se répare.
Je reçois des enfants âgés de 5 à 12 ans, normalement scolarisés, qui arrivent souvent avec des problèmes d’adaptation au stress, des troubles de l’attention ; ils sont fatigués, souffrent de difficultés d’endormissement, manifestent de l’instabilité. Que le bilan psychomoteur ait été suggéré par un parent, le médecin ou l’enseignant, on repère chez ceux-ci une inquiétude non définie et, parfois, ils tiennent un discours rationnalisant et moralisant :
« Il n’est pas motivé », « Il est fainéant », « On fait un maximum de choses pour lui et pourtant ! », etc. Il est rare que l’enfant lui-même exprime une plainte ou une demande. On observe dans le bilan psychomoteur des troubles de l’adaptation spatio-temporelle, des blocages de l’attention, de la mémorisation, et surtout un tableau d’agitation corporelle. Cela signe une souffrance qui peut entraîner une inhibition, voire un échec scolaire si rien n’est traité.
Le temps et l’espace sont deux dimensions fondamentales où les règles se structurent : la coordination spatio-temporelle constitue l’une des structures