Le 20ième siècle fut pour la Chine une période de transformation fulgurante, particulièrement au niveau politique, social, économique et culturel. Cependant, la vie à cet époque, comme celle d’aujourd’hui, comporte d’énormes difficultés pour de nombreux citoyens, en l’occurrence les paysans. Ils sont particulièrement sujets aux injustices sociales et sont confrontés à vivre dans des conditions rudimentaires. À travers la littérature chinoise de cette époque, certains auteurs sont parvenus par leurs écrits, à nous faire ressentir cette souffrance que souvent peu d’entre nous connaissent. Xiao Hong en est un bon exemple. Son texte nommé « Les Mains » nous démontre justement cette souffrance liée à la misère d’une jeune chinoise qui tente, tant bien que mal, de s’instruire pour ainsi avoir une chance dans la vie. Bien malgré elle, ses camarades de classe ainsi que le personnel de l’école lui font bien comprendre qu’il n’y a pas de place pour elle dans leur « société bourgeoise ». Toutefois, la narratrice de l’histoire, une élève un peu plus curieuse que les autres, se rapproche davantage de Wang Yaming, cette étudiante rejetée. D’où provient cet intérêt envers Wang? Quel événement ou situation rapproche la narratrice de cette jeune fille? Voilà les questions sur lesquelles ce travail reposera. Premièrement, la narratrice de prénom inconnu, démontre dès le tout début un petit côté observateur. Elle semble beaucoup plus curieuse que les autres à l’égard de la jeune fille aux mains noires. En effet, elle décrit le comportement de Yaming avec de légers détails sur lesquels les autres ne se seraient jamais arrêtés. Dans l’extrait qui suit, la narratrice décrit le comportement de Wang lors de la prise des présences en classe. « Elle se levait alors, ses mains noires pendantes au bout de ses bras raides, les épaules rejetées en arrière, les yeux au plafond(…) Nos moqueries ne semblaient pas la troubler le moins du monde.(…) Elle se rasseyait en abordant toujours le même