Nicolas poussin ( paysage d'orphée)
Nicolas Poussin (1594-1665) met en peinture un drame porté en grande partie par le paysage, acteur principal d’une histoire tragique. Le sujet est tiré des Métamorphoses d’Ovide. Dans le récit, le peintre a choisi de représenter le moment de la mort d’Eurydice pendant son mariage avec Orphée. Comme au théâtre, la scène à l’avant-plan, encadrée par deux masses sombres d’arbres, concentre les acteurs principaux. Entouré de nymphes et d’un homme couronné – –, Orphée joue de la lyre. Eurydice effrayée aperçoit le serpent à ses pieds, mince filet vert clair presque invisible, qui va causer sa mort. Seul un pêcheur voit le drame : au cri probable d’Eurydice, il s’est retourné vers nous et fait écho à notre regard. Le temps s’est arrêté mais la vie continue à l’arrière-plan : baigneurs nus, se dévêtant ou nageant, haleurs et hommes sur la barque. L’éclairage brutal inonde la robe jaune d’Eurydice et joue comme le détonateur du drame. L’ombre qui gagne le tableau à partir du premier plan s’apparente au venin mortel qui s’insinue dans les veines de la jeune femme. À l’arrière-plan, les fumées noires d’un incendie qui s’échappent du château Saint-Ange obscurcissent le ciel et contribuent au sentiment de désastre.
Pour composer certains de ses tableaux, Poussin avait une technique particulière qui lui permettait de contrôler la disposition des figures et l’éclairage au service de l’histoire racontée. Dans une boîte, il plaçait les différents plans en élévation du décor, les figures de cire ou de terre drapées. Il réglait les emplacements des motifs, des figures et l’éclairage en ménageant des trous dans la boîte comme autant de sources de lumière. Enfin, il passait au dessin et faisait des esquisses de la scène qu’il regardait par un petit trou à l’avant de la boîte.
Théâtre d’ombres:
Le regard du spectateur pénètre dans le tableau grâce à l’artifice du pont, à gauche du tableau, où des figures cheminent, et par la succession des plans de