Les bonnes - genet (1947)
1- Le théâtre dans le théâtre
Ø Nous avons affaire ici à une scène de travestissement. Quelles en sont les conséquences ? Pensez au rôle joué par le miroir.
Ø Variante : dires tout ce qui vous paraît intéressant sur le théâtre dans le théâtre et ses conséquences.
- Les deux interlocuteurs s’entendent pour se travestir : chacun sait qui est l’autre et qui il joue. De ce point de vue, le spectateur n’en sait pas plus que les personnages. Chez Marivaux, par exemple, les personnages se contentent d’emprunter une identité dans un but bien défini : apprendre à connaître le maître en interrogeant le valet. Rien de tel : ici la répartition des rôles se fait de façon consciente ; chacune des deux femmes va jouer un rôle défini de manière arbitraire. Cette scène est véritablement un intermède théâtral pour les deux femmes.
- Cette répartition des rôles amène une autre particularité : Claire est spectatrice d’elle même puisque Solange joue son personnage. Cela introduit le thème du miroir qui sera repris dans la didascalie de la ligne 25. Claire se voit dans le rôle qu’interprète pour elle Solange. Mais elle se voit aussi en «Madame » dans le miroir que lui tend
Solange, personnage dont elle a emprunté l’identité le temps de cette saynète. Ceci est facilité par l’emploi de la troisième personne : « Madame est interdite. Son visage se décompose. Vous désirez un miroir ? » Dans ce dernier cas, cela introduit une forme de distanciation avec le personnage qu’elle interprète : au-delà de Claire et de
« Madame », elle voit l’actrice Claire jouant Madame, ce qui est une autre dimension d’elle-même. Les multiples facettes qui se découvrent ainsi, comme dans kaléidoscope, sont autant de vérités sur elle-même. Marivaux fait du théâtre un moyen de connaissance de l’autre, ici, l’enseignement est plutôt tourné vers soi.
- On note l’absence d’aparté dans la scène. Le spectateur est logiquement oublié