Le taylorisme
On trouvera une ou plusieurs études approfondies du développement de la rationalisation (taylorisme et fordisme) en France dans les années 1919-1939 dans le livre d'Aimée Motet, Les Logiques de l'entreprise, la rationalisation dans l'industrie française de l'entre-deux-guerres (Paris, 1997, 495 p.).
Contrairement à ce que l'on affirme souvent, le taylorisme ne correspond pas au travail à la chaîne (qui sera développé par Ford).
Taylor a permis aux ateliers d'être organisés pour une moindre fatigue de l'ouvrier (la juste journée de travail) mais ceux-ci sont dans une situation de dépendance, il n'y a aucune place pour l'imprévu.
Aujourd'hui, le taylorisme se retrouve prolongé par une méthode de travail d'origine japonaise : le toyotisme, qui donne davantage d'autonomie aux individus, mais reste cependant largement inspirée par le projet initial de Taylor : la rationalisation méthodique du travail humain afin d'accroître son efficacité.
L'organisation scientifique de Taylor repose schématiquement sur la double division du travail :
La division horizontale, qui consiste à décomposer le processus de production d'un bien en une suite de tâches simples confiées chacune à un ouvrier spécialisé. L'objectif est d'identifier la manière la plus efficace de découper le travail. Chargés de cette mission, les ingénieurs chronomètrent chaque mouvement élémentaire, éliminent les temps inutiles, étudient les meilleurs outils pour réaliser chaque mouvement, définissent un temps optimal pour chaque stade de production, rédigent les recettes de fabrication.
La division verticale, qui correspond à une stricte distinction entre les tâches de conception du travail et de formation et celles d'exécution : les ingénieurs pensent le travail et les ouvriers l'exécutent conformément aux instructions et à la formation que les premiers leur fournissent2.
Article détaillé : Organisation scientifique du travail.
La déshumanisation[modifier]