le mythe grec
LA BIBLIOTHÈQUE ESSENTIELLE
Camus – L’Homme révolté
« Pour être, l’homme doit se révolter, mais sa révolte doit respecter la limite qu’elle découvre en elle-même et où les hommes, en se rejoignant, commencent d’être […] Je me révolte, donc nous sommes ».
L’Homme révolté n’est pas seulement une méditation sur la révolte, métaphysique ou historique, ou encore sur la fonction de l’art. C’est aussi une réflexion sur la communauté humaine qui, dans le souci de la justice présente, ne doit rien sacrifier aux idéologies qui promettent un bien futur, toujours repoussé vers un avenir plus lointain.
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Essai publié en 1951, L’Homme révolté poursuit la réflexion sur le thème de la révolte, ébauchée dans La Peste, récit allégorique du mal sous toutes ses formes où l’épidémie confronte l’homme face à lui-même, l’incitant soit au renoncement, soit à la révolte.
« Qu’est-ce qu’un homme révolté ? Un homme qui dit non.
Mais s’il refuse, il ne renonce pas » : la révolte naît donc spontanément dès que l’humain se sent nié ou opprimé. C’est ce que Camus nomme la révolte métaphysique, qui « est le mouvement par lequel un homme se dresse contre sa condition et la création tout entière ». De Prométhée à Sade, de Nietzsche à Hegel ou Marx, de Lautréamont à Rimbaud en passant par Baudelaire, Camus dresse le portrait de ces « révoltés » dont les surréalistes se revendiquent les « spécialistes » car ils cultivent l’absurde, c’est-à-dire, la « révolte absolue ». À
Albert Camus la publication de cet ouvrage, Camus s’est d’ailleurs attiré les foudres d’André
Breton, fondateur et principal théoricien du surréalisme, qui n’a pas apprécié les propos sur Lautréamont et Rimbaud.
Ces considérations amènent Camus à disserter sur la dimension historique de la révolte : « Dans la révolte historique, nous retrouvons [...] tous les thèmes de la révolte métaphysique ». La révolte historique, qui enfante la révolution, est la suite logique de la révolte