Dissertation: l'idée de génie
Au début du XVIII ème siècle, le violoniste italien Giuseppe Tartini dit avoir composé sa « sonate du diable » en rêve grâce à un pacte scellé avec le diable pour le prix de son âme. En ce sens, nous nous interrogeons sur le processus de création de ce musicien. Ce dernier apparaît bien comme un génie doué d’une aptitude surnaturelle à créer quelque chose d’exceptionnel. En effet, la source plus ou moins mystérieuse de son inspiration lui a attribué un talent. Ainsi, le sujet nous invite à lier le talent à la forme qu’il prend. De ce fait, « l’idée de génie » permet bien à l’artiste, au scientifique ou au musicien de se rattacher au réel mais aussi de tendre vers un monde intelligible. Aussi, l’opinion commune semble attester du caractère inné du génie. Sa faculté de création procède donc de son essence même. Cependant, cette conception soulève un paradoxe essentiel. En effet, si l’idée de génie est innée, cela signifie que l’homme n’a plus besoin de travailler. Ainsi, il ne tendrait plus vers un but et se laisserait mener uniquement par son intuition surnaturelle. Cela ne nous conduirait-il pas à réduire notre connaissance du monde ? En effet, comment rendre compte d’une connaissance universelle dans un monde mouvant par le simple biais d’une source d’inspiration surnaturelle ? Tout d’abord, l’opinion commune admet que l’idée de génie procède du caractère inné d’une personne. Cependant, c’est en dépassant l’expression d’une idée trop conventionnelle, par le travail, que le génie est le plus créatif. En fait, la seule fin vers laquelle tend le génie n’est pas dans l’idée mais dans l’expression de son individualité.
Tout d’abord, considérons l’opinion commune selon laquelle l’idée de génie procède du caractère inné d’une personne qui n’admet pas forcément le travail. Le but vers lequel tend l’idée du génie tient à la nécessité d’éclairer le monde. En ce sens, l’idée apparaît comme la pensée qui se